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LE SYNDICALISME EN FRANCE

Il faudra attendre 1884 pour que les salariés se voient reconnaître le droit de fonder un syndicat.

Mais, ce ne sera qu’en 1968, que sera codifié l’exercice du droit syndical à l’intérieur dans l’entreprise (droit de réunion, de collecter les cotisations, d’avoir un panneau d’affichage, un local …), en 1982 pour que l’heure d’information syndicale mensuelle soit reconnue dans la fonction publique et l’éducation nationale.

Cette rapide chronologie montre que le patronat a toujours cherché à différer, à empêcher l’existence de syndicat sur les lieux de travail.

1. Les grandes dates de l’histoire sociale Française 

Loi du 14 juin 1791 : La loi Le Chapelier interdit toutes les associations, y compris professionnelles (patronales ou ouvrières). Cette loi démantèle définitivement l’organisation corporative de la société et marque l’avènement de l’individualisme.

Loi du 2 mai 1864 : Reconnaissance du droit de grève.

Loi de mars 1884 : Autorisation des associations professionnelles.

1919 : Première loi sur les conventions collectives.

1936 : Grandes grèves durant le Front Populaire. Accord de Matignon.

1945-46 : Libération de la France. Interventionnisme de l’Etat sous fond de grandes vagues de nationalisations.

1968 : Grandes grèves. Accords de Grenelle.

1971 : Reconnaissance de la négociation collective (interprofessionnelle et d’entreprise).

Concrètement, cette démocratie sociale se traduit par les élections sociales qui permettent aux salariés cotisants d’élire directement leurs représentants aux conseils d’administration des organismes. Ces conseils sont alors dotés de larges pouvoirs : vote du budget, nomination des directeurs de caisse et des agents de direction, implication directe des administrateurs dans la politique des caisses notamment en matière d’action sanitaire et sociale, etc. Cependant, cette « démocratie sociale » est placée dès son institution sous étroite surveillance de l’État qui garde deux prérogatives essentielles : la fixation du niveau des cotisations sociales prélevées sur les salaires et de celui des prestations versées aux assurés.

Le partenariat social est l’expression utilisée en Suisse pour nommer la négociation collective des rapports de travail. Il comprend généralement la négociation de conventions collectives, y compris les hausses annuelles de salaires négociées collectivement, et le droit de participation des travailleurs, en particulier par le biais des représentants élus au sein de la commission du personnel.Pour être plus précis, le partenariat consiste à établir des liens beaucoup plus formels que dans le cas d’un réseau.

SYNDICATS REFORMISTES ET CONTESTATAIRES

Le Syndicalisme réformiste( CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, l’UNSA et la FAFP), est une pratique syndicale qui tend à obtenir des avancées pour les salariés par le jeu du dialogue entre le patronat et le syndicat.Il s’oppose au syndicalisme contestataire ( FO, la FSU et la CG). Cette distinction entre deux types de syndicalisme est loin d’être partagé par tous les acteurs syndicaux.

Le rejet du projet d’accord sur la qualité de vie au travail des fonctionnaires divise fortement syndicats réformistes et organisations contestataires,les syndicats de fonctionnaires se divisent aujourd’hui sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la politique gouvernementale en direction de la fonction publique.

FN :

Selon un sondage Ipsos publié après les élections européennes de 2014, un tiers des sympathisants de FO ont voté Front national lors de ce scrutin. Soit presque 10 points de plus que pour les autres centrales syndicales. Après avoir résisté un temps, les syndicats ne sont plus épargnés par le vote frontiste. Pour cause, Marine Le Pen enregistre ses meilleurs scores auprès des ouvriers et des salariés, ceux-là même que les syndicats fédèrent.

Deux centrales, ainsi que la FSU et l’Unsa, ont publié une déclaration solennelle dans laquelle elles assurent que “la préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme”. Depuis, tout syndiqué qui se déclare officiellement pour le FN est automatiquement mis à la porte.

Face à l’essor du vote frontiste, deux difficultés perturbent la centrale parisienne. D’un côté, la structure est extrêmement décentralisée, laissant une marge de manœuvre importante aux sections locales.De l’autre, “les directions syndicales sont complètement coupées de la base”

La mesure d’audience constitue désormais le critère central permettant d’établir la représentativité d’une organisation syndicale. Au niveau national et interprofessionnel, comme au niveau d’une branche professionnelle, une organisation syndicale doit recueillir au moins 8 % des suffrages exprimés pour être représentatives et donc être en capacité de signer des accords collectifs.

CGT : 26,77 %

CFDT : 26,00 %

CGT-FO : 15,94 %

CFE-CGC : 9,43 %

CFTC : 9,30 %

Pour la Cour de cassation, il convient de prendre en compte pour une unité tous les bulletins valablement exprimés en faveur d’une organisation syndicale et ce même s’ils comportent des noms raturés

L’audience électorale est calculée à partir des résultats des élections au CE, ou seulement s’il ne s’est pas tenu dans l’entreprise d’élections au CE( Comité d’entreprise) ou à la DUP (Délégation unique du personnel) permettant de mesurer cette audience, aux élections des délégués du personnel . Autrement dit, l’audience électorale lors des élections des DP (Délégués du Personnel) ne sera prise en compte que lorsque des élections DP interviennent à l’exception de toute autre élection.

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La Confédération française démocratique du travail (CFDT) est une confédération interprofessionnelle de syndicats français de salariés, la première par le nombre d’adhérents, la seconde par son audience électorale tant aux élections professionnelles qu’aux élections prud’homales.
La CFDT plonge ses racines dans le syndicalisme chrétien. Elle a été créée en 1919 sous le nom de Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
Après la Libération, une minorité de gauche, regroupée dans la tendance « reconstruction », anime un débat interne en faveur de la « déconfessionnalisation » de la centrale. Sous la conduite d’Eugène Descamps, qui devient secrétaire général de la CFTC, elle devient majoritaire en 1961.

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La CFDT se rapproche du socialisme et notamment du Parti socialiste unifié (PSU) mené par Michel Rocard. De 1966 à 1michel-rocard-4643_w1000965, elle passe également des accords d’action avec la CGT.

Cependant, la rupture de l’Union de la gauche (1977) et l’échec de celle-ci aux élections législatives de 1978 conduit la centrale d’Edmond Maire à un changement de stratégie. Elle s’éloigne de la CGT et entreprend un mouvement de « resyndicalisation » (ou de « recentrage sur l’action syndicale ») qui consiste notamment à prendre de la distance face aux partis politiques. Elle appelle pour la dernière fois à voter socialiste à la présidentielle de 1981. Si elle soutient le « tournant de la rigueur » de 1983, elle se définira ensuite par son autonomie, n’hésitant pas à soutenir des réformes menées par des gouvernements de droite lorsqu’elles lui paraissent justifiées. Une importante minorité conteste ce « recentrage ».

Histoire de la CFDT

1919 : naissance de la CFTC
La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) voit le jour en novembre. S’inspirant de la doctrine sociale de l’Eglise, elle s’organise sur des bases de solidarité et de défense des intérêts des travailleurs contre le libéralisme économique.

1964 : la CFTC devient CFDT
L’évolution vers un syndicalisme laïc se concrétise : le 6 novembre, la CFTC devient la Confédération française démocratique du travail (CFDT) avec 70 % des mandats. L’actuelle CFTC est issue de la minorité ayant refusé ce résultat démocratique.

1968 : la CFDT obtient la reconnaissance des sections syndicales d’entreprise
Comparant son combat pour la démocratie à celui des salariés en entreprise, la CFDT soutient dès le 6 mai la grève étudiante. Elle obtient la reconnaissance du syndicalisme d’entreprise lors des négociations de Grenelle. Une conquête fondamentale puisqu’elle est à l’origine de la création des sections syndicales d’entreprise.

1974 : la CFDT adhère à la Confédération européenne des syndicats (CES)
Soucieuse de participer efficacement à la consolidation de la paix, la CFTC se prononce dès les années 50 pour la réalisation d’une Europe unie. La Confédération européenne des syndicats, outil de l’action syndicale au niveau européen, est créée en 1973.

1979 : la CFDT défend son autonomie d’action et de décision (« le recentrage »)
La CFDT se recentre sur sa mission d’organisation syndicale pour mieux faire face aux mutations de la société : mondialisation, modification de l’appareil productif, restructurations et forte progression du chômage.

1982 : la CFDT contribue à l’élaboration des lois Auroux sur le dialogue social
Inspirées des propositions de la CFDT, les lois Auroux représentent des avancées significatives pour la défense des droits des salariés et modifient fortement le droit du travail (interdiction de
toute discrimination ; obligation de négocier des accords collectifs sur les salaires, sur la durée et l’organisation du travail, sur l’égalité hommes-femmes ; développement des institutions
représentatives du personnel et création d’un droit d’expression des salariés sur les conditions de travail ; création du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail – CHSCT).

LES REVENDICATIONS

I) Les emplois

A) Emploi de qualité pour tous 

-Privilégier l’embauche en CDI, notamment de jeunes, en utilisant
la surcotisation des CDD.

-Réduire le nombre de salariés en temps partiel imposé, en mettant partout en place des contrats d’au moins 24 heures par semaine.

-Mettre en place rapidement pour chaque salarié le compte personnel de formation, le conseil en évolution professionnelle, la complémentaire santé et les droits rechargeables à l’assurance-chômage.

-Négocier, chaque fois que la situation de l’entreprise le justifie, des mesures alternatives au licenciement économique : formation, activité partielle ou maintien dans l’emploi.

Chiffres:
3,3 millions de demandeurs d’emploi.
2 millions de demandeurs d’emploi de plus d’un an.
5 millions de salariés sont touchés par le sous-emploi ou la précarité.
B) Emploi des jeunes

– Aider au développement des « emplois d’avenir ».
– Faire bénéficier les 18-25 ans du RSA.
– Renforcer l’accompagnement des jeunes demandeurs d’emploi.
– Agir dans les entreprises pour une utilisation responsable des stages.

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Chiffres
26 % des 15/30 ans sont au chômage.
3 jeunes chômeurs sur 10 sont au chômage depuis plus d’un an.

C) Emploi des seniors

-Maintenir les seniors dans l’emploi en améliorant les conditions de travail et la prévention de la pénibilité.
– Encourager le recrutement de seniors en renforçant l’accompagnement des demandeurs d’emploi seniors.
– Aménager les fins de carrière, organiser la transition entre activité et retraite, améliorer le dispositif de retraite progressive.

Plus d’un million de seniors sont au chômage.

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II ) Santé

A) Santé au travail

– Décliner l’accord interprofessionnel sur la qualité de vie au travail dans les entreprises et les branches.
– Veiller à la mise en place effective du  compte personnel de prévention de la pénibilité prévu par la loi sur les retraites.

B) Santé
– La solidarité entre bien portants et malades, l’égalité d’accès aux soins et l’universalité de la couverture sont progressivement remis en cause par l’évolution non maîtrisée des dépenses.

Chiffres

Le secteur de la santé emploie près de 10 % de la population active, soit 2,5 millions de personnes.

2ème rang des industries françaises en matière d’investissement en recherche & développement.

10% des personnes malades assument 40% des frais de santé non pris en charge.

Constat:

Un système de santé performant, mais des dépenses qui augmentent plus vite que la richesse nationale, et des inégalités croissantes d’accès aux soins.

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C) Retraite

Chiffres
– 2 actifs pour 1 retraité en 2010.
– 14,4 % du PIB consacrés aux retraites en 2009 (12,8 % au sein de l’UE).
– 33 % d’écart moyen entre le niveau de pension des femmes et des hommes.

Constat
Le système de retraite par répartition fait face à de profondes mutations démographiques et sociales. Elles se traduisent par d’importants besoins de financement et le creusement des inégalités.

Les différents slogans

S’engager pour chacun, agir pour tous

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La campagne électorale de la CFDT avait également pour slogan : 

Voter CFDT, c’est faire la différence entre AGIR et s’agiter ! ».

Par ailleurs, des chants ont été rédigés afin d’affirmer tout haut les différentes revendications:

Oui, oui, oui – non, non, non !

Des emplois, oui, oui, oui
De la précarité, non, non, non

Justice sociale, oui, oui, oui
Bouclier fiscal, non, non, non

Solidarité, oui, oui, oui
Inégalités, non, non, non

De l’emploi, oui, oui, oui
Les heures sup, non, non, non

Une Retraite solidaire oui, oui, oui
Une réformette bidon, non, non, non